Avec Paul Blanqué, venez flâner dans le monde asiatique, errer dans le grand Himalaya, parcourir les sentiers à la recherche des rencontres et du partage.
Philippe Claudel " Tous mes livres sont des romans d’amour " de Mauricette Didot
Nous étions une centaine de personnes, attentives, réunies pour le plaisir de rencontrer Philippe Claudel, samedi 28 février à Metz. Il venait directement de Paris où, la veille, il avait été récompensé lors de la soirée des Césars... Auréolé de son prix du meilleur premier film pour " Il y a longtemps que je t'aime " il est arrivé, simple, sincère, vrai. Il nous a rapidement fait rire en nous disant que son grand-père n'avait jamais tenu de café, et qu'aucun de ses romans n'était autobiographique (sauf sa chronique sur son
expérience comme enseignant dans les prisons). Ses personnages inventés créent un univers de rêves, et toute son œuvre dépeint le sentiment amoureux (grand-père, enfant, mère, femme..). Les sujets abordés sont tellement graves (guerre, don d'organes, euthanasie, racisme…) que ses livres deviennent parfois " épouvantables " par leur violence, leur intériorité et leur justesse. La fin n'est jamais proposée et cette zone d'ombre est, selon lui, essentielle pour la rêverie du lecteur à qui il laisse, ainsi, sa part de liberté. Philippe Claudel, répondant à une question concernant " Le rapport de Brodeck " a reconnu que c'était, sans doute, son livre le plus abouti et le plus essentiel dans lequel il avait voulu toucher au plus profond des racines du bien et du mal. Dans son œuvre, les hommes sont toujours au premier plan, les femmes derrière ou mortes et il reconnaît, lui-même, que c'est assez troublant. La première histoire de femmes qu'il a voulu nous faire partager, comme une " évidence ", ne pouvait être que son premier film. Il n'y a pas eu de livre auparavant, le film s'est fait directement. Reprenant les propos de Dustin Hoffman qui considère que les artistes donnent du bonheur au public, Philippe Claudel préfère, en plus, " poser les questions qui nous dérangent ". Dans l'effondrement social actuel, avec sa course à l'égoïsme et tout ce temps perdu à ne pas oser communiquer sincèrement, il est nécessaire que les films, les livres, " L'ART " en général fassent ressortir " les bons sentiments ". Ci-dessous, quelques phrases fortes de P. CLAUDEL : « Je vis beaucoup avec mes morts, ils sont en voyage, ils m'habitent et cette pensée intérieure n'est pas tragique. Mes romans servent à exorciser la mort et c'est une façon magique de me préserver ainsi que ma famille proche »... « J'ai toujours envie d'écrire mais il faut que je puisse redessiner mon temps. Fort sollicité par la promotion de mes ouvrages et du film, je puise dans mes réserves et je dois m'arrêter un peu, revenir chez moi, aller à la pêche, profiter de ma famille. J'ai fait le constat, avec Jean-Louis Aubert, qui a écrit la musique de mon film, que nous devenions des – serpillières essorées – et qu'il y avait un réel danger. »... « La fiction, c'est le plus long chemin pour aller à la vérité. Les sciences humaines ont autant à nous apprendre que les sciences exactes. Mes livres parlent souvent de rupture, de fracas mais aussi d'optimisme, de lucidité et d'espoir » « Je suis un homme du terroir, Duché de Bourgogne, Flandres, Hollande, Belgique, Lorraine. J'aime le soleil mais j'ai du mal à vivre dans un pays de soleil. " Il y a longtemps que je t'aime " a été écrit en Laponie, au cours des longues nuits boréales. J'aime beaucoup les Belges qui ont, sur leur pays, un regard de catastrophe mais avec énormément d'humour. En France, c'est cet humour qui nous manque beaucoup.» Nicole FAESSEL a fait remarquer que dans toute cette œuvre "grise", il y avait un livre plus lumineux "Trois nuits au Palais Farnèse" et Philippe Claudel a reconnu que l'Italie était une autre province de cœur, que les Italiens étaient des Français gais, que Rome est magnifique. L'Ambassade de France, le Palais Farnèse, est un endroit magique et un des plus beaux de la ville. Il se réjouit de pouvoir y passer, de temps en temps, trois jours sur l'invitation de l'Ambassadeur. Cet excellent café littéraire s'est terminé sur cette belle note ensoleillée. Merci MONSIEUR CLAUDEL Mauricette Didot