Avec Paul Blanqué, venez flâner dans le monde asiatique, errer dans le grand Himalaya, parcourir les sentiers à la recherche des rencontres et du partage.
À quelques encablures des grilles d'or de la célébrissime Place Stanislas, l'A.P.A.C. étend son étendard comme un alpiniste au sommet de la cime vaincue. Ainsi, après Metz en juin dernier, et notre présence à l'Été du Livre, c'est une autre première qu'a réalisée l'association en étant accueillie à Nancy, au premier salon français de la rentrée littéraire. Le travail en amont de nos responsables aura porté ses fruits, puisque nous voilà pour la première fois reconnus en terre nancéienne comme nous le fûmes en terre messine. La Lorraine prendrait-elle enfin conscience de la multitude et de la richesse de ses auteurs ? Peut-être ? Toujours est-il qu'un pas à été fait en notre direction, nous les "petits auteurs" dont les écrits ne révèlent souvent pas moins de "profondeur d'âme" que ceux des autres. Régionaux, associatifs, autoédités, participatifs, mais néanmoins poètes et écrivains par-dessus tout, durant quatre jours nous fûmes en contact avec le public nancéien. Un grand nombre, dont Monsieur Rossinot en personne, s'est montré curieux des activités de notre association comme de la qualité et la diversité de notre travail. Beaucoup de moments forts dans nos échanges avec les visiteurs, comme la tendre émotion ressentie devant cette dame de quatre-vingts ans avouant presque en rougissant qu'elle écrivait des poèmes, et qui souhaitait savoir comment l'A.P.A.C. pouvait l'aider à les faire connaître. De beaux souvenirs en perspectives pour chacun des auteurs présents, même si ma sensibilité se doit d'espérer que cette première participation ne soit qu'une étape. Je m'explique. Alors que le grand chapiteau rutile des regards lumineux de milliers de fans pour les cadors parisiens, nous semblons de peu de poids dans notre petite tente ajoutée à l'écart du grand. Bien sûr nous y étions, mais à quelle place ? Tout contre mais à l'écart, comme pour mieux montrer la différence entre le monde puissant des éditeurs et des libraires, et le nôtre, amateur et forcément secondaire. Deux mondes côte à côte, se toisant du regard sans se parler, les uns aux repas offerts et invités gracieusement à la soirée somptueuse à l'Excelsior, et les autres acceptés comme un mal nécessaire. Des petites blessures que tout cela sans doute, ressenties par nombre de mes collègues et que mon honnêteté m'empêche de taire. Cependant, je n'ai pas l'habitude de cracher dans la soupe, fut-elle trop salée, aussi ne retiendrai-je de notre participation à la trentième édition du Livre sur la Place, que les moments chaleureux et les temps forts que nous y avons tous vécus. Néanmoins, soyons conscient que ce n'était que la première marche du long escalier qui conduira à notre juste reconnaissance. Demain ou après, nous serons logés à la même enseigne que tous les autres, l'énergie que nous consacrons à notre art nous le fait mériter. Christian Ingret-Taillard [ Voir également : L’APAC à l’Été du livre de Metz ]