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Animée par Bernard Appel
Roland Marcuola
Atypique ? Éclectique ? Lui se garde des qualificatifs, des étiquettes, de ces
classements trop faciles où s'égarent nos âmes. Roland se joue des maux avec ses mots : richesse d'une vie.
Nous étions plus de soixante passionnés de littérature et de poésie regroupés au “Grand Comptoir” pour y accueillir Roland Marcuola, l'invité de la rencontre littéraire de l'association Plumes à Connaître.
Deux heures durant, sous l'animation passionnée de Bernard Appel, toutes et tous, nous succombâmes au charme. Poèmes, nouvelles et chansons rythmèrent la soirée. Et quelle soirée ! Le personnage est atypique. Si sa musique nous conquit, celle de ses mots, elle, enflamma l'assistance. Car il les fait vibrer le bougre. Ses poèmes vous plongent avec délicatesse dans notre quotidien. Ses nouvelles vous ouvrent le coeur ; un coeur gros comme ça. Et chacun,
j'en suis convaincu, s'y est retrouvé. J'en veux pour preuve les salves d'applaudissements qui, à maintes reprises, acclamèrent l'artiste. Ainsi rythmés, nous vagabondâmes dans un monde : le sien. Butinâmes la vie : la sienne ; la nôtre, par procuration.
Mais comment présenter ce personnage dont l'éclectisme nous a envoûtés ? À tout seigneur, tout honneur : reprenons l'article paru dans les colonnes du Républicain Lorrain du 8 mars 2008, et qui (à mon sens) relate parfaitement l'identité de Roland Marcuola,
La chanson de Roland
Fils de Brassens, émule de Queneau, Roland Marcuola est l’invité du café littéraire proposé par Plumes à Connaître. « Je me sens toujours en conformité avec mes idéaux de jeunesse, c'est-à-dire avec un certain humanisme et un esprit libertaire » Libertaire... Certes le mot se porte de plus en plus comme un oeillet à la boutonnière. Peut-être même un peu tendance. Mais Roland Marcuola, metteur en scène, écrivain, poète et chanteur, préfère alors y aller de sa petite précision : « Je me sens, par exemple, bien plus proche de Brassens que de Ferré. Être libertaire, c'est porter un certain regard sur le monde. Par ailleurs, je suis assez individualiste mais, en même temps, très tourné vers les gens ! » Ce goût des autres, Roland Marcuola l'a attrapé là-bas, sous les lueurs nocturnes des coulées continues, dans la vallée de la Fensch. Ayant grandi à Sérémange, un père ouvrier chez de
Wendel, Roland Marcuola découvre la fraternité au coin de la rue et  ses premiers accords de guitare au lycée de
Fameck.
« J'écris des chansons depuis que je suis ado, se souvient-il, j'étais très influencé à l'époque par les Beatles, Hugues Aufray, Graeme Allwrigt... Mais c'est surtout Georges Brassens qui m'a donné l'envie d'écrire. » On l'attend sur les mythes ouvriers, le genre “militant acharné de ces rêves qui bougent ” comme le chantait Bernard Lavilliers dans les années 70. Du tout. Il se retrouve ailleurs : « Mon décor original, les usines, les haut-fourneaux, entrent très peu dans mes oeuvres (…) J'ai peur du nombre (…) J'ai peur des slogans dans les chansons. Je vibre sur " Bella Ciao " mais je ne saurai jamais écrire ce genre de textes ». Ses sources d'inspiration, il les trouve plutôt dans les grands moments de la vie : « Je crois que je ne sais parler que de moi, de ce qu'il m'arrive. Et chaque fois que je me mets à poil dans mes chansons, j'essaie de ne pas tricher sur mon compte » Ses poèmes sont aussi des hymnes à la femme. Celle qu'il aime, celles qu'il a aimées. Il y pactise sans retenue, au fil des métaphores, avec une réelle autodérision au sujet, par, exemple ; de cet amour passé qui l'a un temps laissé pour mort aux femmes : « Surtout par rapport aux plans que je me faisais sur elle, précise-t-il. Je m'y envoie pas mal de beignes. Quant à l'admiration sans bornes que je lui portais. Mais ce n'est jamais impudique. D'ailleurs je reçois beaucoup de réactions de femmes. Les hommes beaucoup moins. Ils sont vachement pudiques. » De l'invitation qui lui est faite par l'association Plumes à Connaître, dans le cadre du Printemps des Poètes, Roland Marcuola se sent « très honoré car il reste un auteur très confidentiel » . En plus de ses poèmes et chansons, il clamera, à ce café littéraire, quelques extraits de « je me relis », un spectacle mis en scène il y trois ans par le comédien Daniel Proia.
Merci roland pour cette soirée !

Retrouvez Roland Marcuola sur le site : www.lesunslesunes.fr
Paul Blanqué .

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