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Jean Cocteau
de Marie-Antoinette Kuhn
L'église paroissiale de Saint-Maximin, de Metz, située à l'écart du centre-ville, sert d'écrin à des vitraux dont les dessins sont dus à Jean Cocteau. L'œuvre peu ordinaire reste toujours peu connue ou pire encore méconnue, alors que quarante années se sont écoulées depuis l'installation des verrières.
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Tout a commencé dans les années 1950-1960 lorsque l'évêque de Metz avec la collaboration de l'architecte des Monuments Historiques et de la Commission des Arts Sacrés,  décide de doter la cathédrale de vitraux contemporains. Il est alors fait appel à des peintres de talent et de notoriété assurée : Gaudin, Bissière, Villon, Chagall.  
Cocteau était du nombre. - Mais ses projets n'eurent pas l'heur de plaire à la Commission.   La conclusion tombe : " Cocteau n'est sûrement pas qualifié pour l'art sacré ". Toutefois, suite à cette estimation négative, un compromis  est proposé et adopté : les vitraux, seront introduits, non pas dans la cathédrale, mais dans une autre église messine. Peut-être dérangeraient-ils moins en un lieu plus confidentiel que la cathédrale...
Une réflexion de Jean Cocteau, antérieure à cet épisode, mérite ici d'être citée : " Si j'écris je dérange. Si je tourne un film je dérange. Si je peins, je dérange. Si je montre ma peinture je dérange, et je dérange si je ne la montre pas. J'ai la faculté du dérangement. Je m'y résigne, car j'aimerais convaincre. Je dérangerai après ma mort. "  Journal d'un inconnu : années 1950)
Ce sera Saint-Maximin, église en restauration qui, choisie comme lieu d'accueil, verra éclater les merveilleux bleus dans toutes les parties Est. Il n'était pas pensable qu'un artiste pluridisciplinaire tel Cocteau -- poète, cinéaste, chorégraphe, photographe -- puisse  se désintéresser d'une  technique qui  lui permettait
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d'investir  un nouveau  domaine,  un espace autre qu'une toile ou un mur. Donner libre cours à ses rêves, faire éclater les couleurs, jouer de ses inventions… et par là même, lui était donnée l'occasion de transmettre un témoignage monumental.     
 Le résultat est une œuvre originale, face à laquelle il faut s'imposer un autre regard que celui habituel, presque superficiel, adopté vis-à-vis de vitraux. Il faut tenter de saisir autant les symboles sacrés que l'insolite et l'inattendu, entrer dans le mythe et dans le mystère, écouter ce que Cocteau a voulu signifier. Il est aussi parfois nécessaire d'accepter humblement de rester dans l'énigmatique, dans ce que l'on ne peut expliquer.
Toutefois, Jean Cocteau n'en était pas à son premier essai concernant un projet de vitraux dans un édifice religieux.
En effet, en 1959, à la demande des notables de Milly-la-Forêt dans l'Essonne, il avait mené à bien la réalisation de quelques vitraux dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples, chapelle qui accueillera en 1963 sa sépulture.
Le projet messin, compte tenu de l'espace et des baies plus développés, s'annonçait plus ambitieux que les réalisations de la chapelle de Milly-la-Forêt. Au total, Jean Cocteau réalisera 15 vitraux qui seront soit historiés, soit à formes géométriques et florales.  
Sa maladie ne lui ayant pas permis de terminer les cartons pour 2 vitraux du transept et les baies de la nef, le décor sera limité à un simple semis d'étoiles et de losanges pastel, rose et bleu dans ces deux espaces.
En 1961 Jean Cocteau présente son projet pour les six baies de l'abside, seuls vitraux à faire appel à une iconographie en relation avec le sacré. Les vitraux du transept, de la chapelle des Gournaix et d'une chapelle annexe sont proposés dans la foulée.
L'atelier des maîtres verriers Brière de Levallois-Perret est chargé de la réalisation et des travaux de pose à partir de 1962.  L'artiste, en mauvaise santé, effectue les dessins, propose les assemblages.
Jean Cocteau a, selon les dires du maître verrier Brière, toujours veillé à la bonne exécution de son projet, que ce soit à Levallois-Perret dans les ateliers Brière, ou sur les lieux même à Saint-Maximin, et cela malgré la précarité de sa santé.  
La chapelle de Gournaix et la chapelle annexe nord
Les vitraux choisis pour une analyse rapide concernent une baie située dans la chapelle des Gournay localisée au sud et l'autoportrait localisé au nord.
Il est intéressant de rappeler que c'est à St Maximin de Metz que le grand Bossuet a prononcé sa 2ème oraison funèbre pour  Henry de Gournay, membre d'une famille patricienne messine. Or, la chapelle funéraire des Gournay accueille aujourd'hui ce qui peut être considéré comme un rappel du testament de Jean Cocteau, élaboré dans " Le Testament d'Orphée "... [ suite ]