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Interviews de Claire Antoine

Samedi 16 mars 2013 6 16 /03 /Mars /2013 19:05

Rencontre avec PIERRE VINCENT
par Claire Antoine
C'est en milieu d'après midi, à la Brasserie du Grand Comptoir, le lieu privilégié des Cafés littéraires APAC messins, qu'il y a quelque temps déjà, j'ai eu le plaisir de rencontrer Pierre VINCENT. Il a accepté de se déplacer, en compagnie de son épouse Nelly, afin de répondre à mes questions.
Un moment d'échange, particulièrement sympathique et « naturel », au cours duquel je n'ai pratiquement pas pris de notes !!!
Recompense photo-Pierre-VIN Pierre VINCENT a anticipé nombre des questions que j'avais prévu de lui poser. C'est à mon retour chez moi que j'ai commencé à consigner sur mon petit carnet les éléments de réponses à ne pas oublier...
Depuis, est paru son recueil “ Avec toi, sur le chemin de mes émotions”.
Les trois poèmes qui m'ont le plus touchée ont été présentés et lus, en été, sur une radio locale.
Ce sont : « Naissance », « Les bruits du temps » et « Carpe diem »...
Quand je ne pourrais plus aller par les chemins,
Marcher à tes côtés, ta petite main dans la mienne. J'écrirai,
J'écrirai sur un grand parchemin,
Ces heures du passé, pour qu'il nous en souvienne.[...]

Voici notre échange reconstitué.

P.V.– Je me suis demandé : « Pourquoi moi ? ».
C.A.– Par choix personnel. Bien avant de me plonger dans votre recueil, j'aimais déjà vos poèmes. Un certain nombre d'entre eux figurent sur le site de la SPAF ( La société des poètes et artistes de France, spafenlorraine.unblog.fr/ )
P.V.– Après une vie professionnelle où j'ai eu la chance de pouvoir répondre à des défis, qui m'ont appris beaucoup sur moi-même, j'ai résolument choisi l'écriture...
C.A.– « Ecrire en vers, écrire en prose, Mais l'important n'est-il pas d'écrire ? », les deux premiers vers du recueil...
P.V.– En effet, j'ai toujours écrit. Des écrits techniques, ou ce poème auquel vous faites allusion et qui était au départ un discours, destiné à quelques collègues et amis.
C.A.– Et maintenant ?
P.V.– J'ai une formation littéraire, classique, avec laquelle l'écriture poétique me permet de renouer.
C.A.– Un cadre, une certaine discipline. En effet, les procédés rhétoriques que vous privilégiez, vos choix lexicaux parlent de cette formation...Traces, « petits cailloux »...
P.V– Pour retrouver et faire jaillir l'émotion, garder intact le goût d'aimer, de vivre chaque instant.
C.A.– Vos thèmes …
P.V.– La nature, le temps qui passe... l'enfance, la jeunesse et la femme. Je m'appuie, sur mon expérience d'homme, de père, grand-père...et aussi sur mes lectures, sur la tradition poétique, les poètes qui m'ont précédé et qui nourrissent mon imaginaire...Hugo, Musset, sur des mythes, des légendes... « Dame Licorne ». J' insère parfois des citations, dans les poèmes eux-mêmes. Des éléments que je garde, et autour desquels je reconstruis, je bâtis du nouveau.
C.A.– C'est ce qui fait la consistance et la richesse des images créées par vos mots... Ceux-ci provoquent une émotion, faite de gravité et de délicatesse à la fois, mais également le sourire. Il se dégage de l'ensemble une certaine légèreté amusée, parfois, comme dans « Gaminerie ».
Votre message... P.V.– « Message », le mot est inexact, trop fort, mais bien sûr, ce que je souhaite faire passer c'est l'amour de la vie, l'espérance, ces petits riens qui sont tout ...
C.A.– ... qui font que la vie vaut la peine d'être vécue. La SPAF vous a décerné le Grand prix des poètes lorrains. Vous avez également reçu l'Alérion 2012, pour un « Hymne à la vie » écrit en alexandrins.
P.V– Des surprises qui me disent que je dois continuer sur la voie que j'emprunte aujourd'hui.
C.A.– Avec Nicole Métivier, Sylvie Weisse et d'autres encore comme Armand Bemer, vous avez organisé un concours à destination des scolaires de la région lorraine. Un partage illustrant les valeurs qui irriguent profondément vos textes.
P.V.– Une expérience formidable, au départ un peu utopique, dans le cadre du Printemps des Poètes. A renouveler!
C.A.– Merci, Pierre Vincent.

Publié dans : Interviews de Claire Antoine - Par Claire Antoine
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Samedi 22 septembre 2012 6 22 /09 /Sep /2012 11:00

APAC ...Simone Dézavelle
une artiste inspirée, polymorphe et infatigable simone_P1150005.JPG
Bibliographie succincte : pour se procurer les recueils contacter :
dezavellesimone@yahoo.fr
- Un livre de contes pour enfants; - Enfantillage, recueil de poèmes pour les enfants, dédié à Lisa. Illustré par l'artiste Philippe Bajolet, des dessins à colorier; - Un premier roman : Le Parapluie noir ; - Cherche ta lumière - Tome 1, De l'essence à l'Infini, aux éditions L'échelle de cristal, en 2006. Un livre d'initiation ésotérique qui évoque la vie après la mort ; En poésie, trois volumes parus : Sentinelle, Imperceptible et Ah ! Le vent !
Vous êtes née en Lorraine
A Briey, mais je suis venue habiter Nancy à l'âge de 6 ans. Je vis actuellement à Laxou, dans une très vieille maison que je rénove.
Vous avez commencé à écrire très jeune
De la poésie. A 8 ans, je suis tombée malade suite au décès de mon père. J'ai dû être hospitalisée en préventorium. Les médecins demandaient aux familles de ne pas rendre visite aux enfants afin de ne pas les "perturber". Ma mère a respecté la consigne. Je ne l'ai pas reconnue lorsqu'elle est venue me chercher. Je me suis alors murée dans le silence à la maison... Et j'ai commencé à écrire. Pour renouer avec cette mère que j'avais perdue.
Dans les années 60, j'ai adhéré à la Jeune Force Poétique Française et à l'association La Forge, où j'étais la benjamine. Je récitais alors des textes à moi, sans dire que j'en étais l'auteur. Je m'étais inventé un nom de plume : Simone Lhatope. ( " la taupe ", le surnom que me donnaient mes cousins du fait de ma myopie ! )
La passion de l'écriture ne vous a jamais quittée
J'ai déjà publié huit ouvrages, pour la plupart de la poésie, dont un pour enfants, et des contes, mais aussi un livre de nouvelles fantastiques, écrites à l'âge de 16 ans. A des fins pédagogiques également... Pour mes élèves en difficulté scolaire, j'écrivais des romans-feuilletons, adaptés à leur vécu et aux capacités que je voulais leur voir améliorer. J'en ai écrit une dizaine, que je n'ai jamais publiés.
J'ai, dans un autre registre, publié un livre d'initiation ésotérique qui fait écho à mon expérience de médium et qui s'intitule "Cherche ta lumière, de l'Essence à l'Infini".
Et votre premier roman, en 2010 : “Le parapluie noir”...
Arrivé par surprise...Je suis partie d'un poème en prose, d' une demi-page que j'ai eu besoin de poursuivre... Un mois et demi plus tard, il avait dépassé cent pages, et c'était devenu un roman.
De nombreux projets presque aboutis
Je travaille en ce moment à une saga de trois romans d'aventures mi-historiques, rédigés en l'espace d'un an, que je viens de terminer et qui sont en relecture. Ils se situent à des époques différentes : le premier au Moyen-âge, le second à l'époque d'Henri IV et le troisième durant la Révolution Française. Le tout, englobé dans un roman contemporain d'aventures...
Je mets la dernière main à un recueil de fables inspirées des fables de Jean Anouilh, ainsi qu'à un livre de poésies mutines pour enfants, " Partage".
Cette idée de partage est une composante essentielle de votre vie
Je m'investis depuis très longtemps dans des associations, comme l'Académie Léon Tonnelier, par exemple, dont je suis Présidente. J'ai besoin de ces contacts, de rencontrer des gens de tous milieux, riches de leurs propres enthousiasmes. J'anime des ateliers, en tant que bénévole, à Neuves-Maisons, à Laxou. Je m'occupe également de personnes âgées polyhandicapées en long séjour à l'hôpital de Bainville sur Madon, et je les fais travailler à l'acrylique. En effet, vous n'êtes pas que poète, vous cherchez à capter par la photographie, le crayon, le fusain et le pinceau les traces d'un monde que vous nous offrez. Le monde des angoisses apaisées.
Mon père et mon grand-père m'ont encouragée toute petite à m'exprimer par le dessin... Persuadée que je ne parviendrais jamais à utiliser les couleurs, j'ai débuté, adolescente, par des dessins à la plume, au fusain. Ensuite, j'ai eu une période courte - heureusement pour ma santé ! - de dessins à la fumée de cigarettes. Le dépôt du goudron sur le papier me permettait de figurer avec la bouche des paysages lorrains...J''ai commencé l'aquarelle, en 1992, puis le pastel deux ans plus tard. C'est une technique qui m'a tout de suite plu, en raison du jeu tactile, et du contact direct avec la matière. Je réalise aussi des tableaux à l'huile, pour la plupart des graphismes contemporains.
J'intègre parfois des extraits de mes poèmes à des formes graphiques. Par ailleurs la photo m'intéresse beaucoup. J'ai déjà participé à quelques expositions.
Un de vos amis, Bernard Buisson, poète, a écrit cette phrase magnifique : “Un écosystème est une symphonie du vivant où chaque espèce joue sa partition. A l'homme de deviner la sienne pour élever la musique du monde sans dissonance”
Évoquons votre thème de prédilection...
Sans hésitation, c'est la nature et surtout la forêt. Les effets de lumière, le contraste avec les ombrages et les chemins qui se faufilent et s'enfoncent sous le couvert végétal. Le mystère que cela suggère me fascine. J'aime aussi traiter les reflets dans l'eau, le jeu des couleurs à travers les saisons...
A la recherche de profondeur et d'éternité, vous vous êtes passionnée pour le Haïku qui exprime en peu de mots la substance de la mémoire. En voici deux que vous avez écrits au cours d'un stage d'immersion en forêt

Sente forestière
Aux mains tendues des mûriers
Griffures de vent.
--
Sur ma main tendue
Frêle papillon de givre
Gisant éploré.

Vous partagez votre savoir-faire avec des auteurs en herbe
Je continue, en effet, à aider des auteurs à peaufiner leurs textes, comme je l'ai fait tout au long de ma vie professionnelle.
Vous serez d'accord, je crois, avec cette citation de Baudelaire
" Qu'est-ce qu'un poète, si ce n'est un traducteur, un déchiffreur ". Mais on peut ajouter que c'est aussi un passeur d'amour.

Claire ANTOINE

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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 12:15

Serge Radochevitch que certains d'entre vous ont pu croiser sur les salons lorrains,
notamment, depuis la parution de son premier roman, « Une ville sous influence ». radochevitch Portrait 067

Avant tout une présentation de ses publications Des nouvelles, publiées dans diverses revues dont " Comme le sable, comme le vent..." ( PAV n°71). "Maison de campagne" qui vous a valu le prix du Centre d'Art Lorrain 2010. "Attentats" ( mai 2004) Prix international de Lutèce, concours international de littérature Alphonse DAUDET. ."Souvenir, souvenir..." ( avril 2004) : Prix du Centre d'Art Lorrain, concours Georges Sand de la ville de Longwy.
"Obliques", (Publibook, février 2005 ) un recueil de nouvelles. On peut en trouver de larges extraits sur google livres.
"Les bonnes lunettes", ( Publibook, janvier 2001) un court roman/ une longue nouvelle à l'intrigue très originale qui se situe à la limite du fantastique et du récit de guerre.
*En 2011, un roman policier, "Une ville sous influence" (Territoires Témoins, "Borderline"). L'histoire de Simon Bielik, un écrivain-journaliste en panne d'inspiration. Il va être amené à enquêter sur une vague de meurtres et de suicides et il y trouvera matière pour écrire un roman.

– A quel moment vous êtes-vous lancé dans l'écriture ?
– Après ma carrière d'instituteur effectuée en Lorraine, dans des cités industrielles comme : Villerupt, Briey, Homécourt, Auboué.
– Le roman semble être pour vous l'occasion d'affirmer vos convictions. La fiction permet aux lecteurs une prise de conscience intime de tout ce qui est encore à accomplir pour vivre dans une société plus juste et plus fraternelle...
– Ce n'est pas un hasard si mon premier roman est un polar. J'aime beaucoup ce genre littéraire, qui sous couvert d'une enquête policière, d'une histoire criminelle, permet de dire beaucoup de choses quant à l'état d'une société donnée à l'instant T de son histoire.
Mais si j'établis un constat, je ne suis pas donneur de leçons. Je crois en l'engagement. Aujourd'hui comme hier pour dénoncer entre autres le racisme ordinaire dans notre pays - et ailleurs !
– Je vous trouve proche de Didier DAENINCKX ?
– Je l'admire beaucoup pour son engagement, précisément, sa lutte contre le racisme et les oubliés de l'histoire, et évidemment pour son talent d'écrivain au style percutant et direct,. Je pense à La mort n'oublie personne, à Un château en Bohème.
Il est pour moi un exemple dans la littérature du roman noir.
Vous avez fait partie du Jeune Théâtre Populaire de Lorraine. Est-ce à mettre en lien, avec votre refus de vous croiser les bras, avec cette capacité que vous avez à vous mobiliser, avec des mots, des situations, des personnages ?
Le JTP de Lorraine a été pour moi une sorte de révélation. Le théâtre, qu'est-ce que c'est ? Comment ça fonctionne ?
Le jeu, la rigueur, la folie… De cette aventure, j'ai toujours gardé le contact avec la scène, mon frère est comédien professionnel, ainsi qu'avec mon désir d'écrire aussi pour le théâtre.
J'ai commencé par des monologues qui n'ont pas fait l'objet d'une publication, mais qui ont été joués à Mancieulles, ( Théâtre Ici et Là ) et à Trieux.
– On trouve des textes signés de votre nom dans le magazine "Trieux -Info"
– Tous les mois j'y écris, une petite chronique ou un poème dans le cadre de la bibliothèque municipale. Je me suis donné la gageure d'écrire uniquement des textes qui sont en rapport avec les livres.
– Vous aimez raconter des histoires, nouvelles, romans, théâtre, mais vous êtes donc aussi attiré par la poésie ?
– Puisque vous insistez, je vous confie un poème qui a beaucoup plu ... Pour dire que j'aime aussi la poésie !

Ils sont marrants

les livres
Ils vont et viennent
ne sont que feuilles
Poussées par le vent
Ils traversent les pays
Ignorent les frontières.
Ils sont marrants
les livres
Ils viennent d'ici
Ou bien d'ailleurs
Ressemblent à ceux d'ici
Avec tous la même chanson
Pour les vivants
Et pour les morts
Ils sont marrants
Les livres
Qui nous attendent
Et qui ne sont là
Que pour toi
Comme un écho lointain
De ce que tu es
Ou de ce que tu fus.

– J'ai lu que vous étiez un "dévoreur" de livres
– C'est vrai. Je lis beaucoup, je lis énormément. Mes auteurs du moment ? Sans hésitation : Pierre Pelot, “C'est ainsi que les hommes vivent”, Mankell, “l'homme inquiet”, Stockett, “La couleur des sentiments”….
– Ecrivez-vous de manière régulière ou attendez-vous l'inspiration ?
– Vous me demandez en fait si j'aborde l'écriture d'un roman d'une manière méthodique. Je vous répondrai "oui", au début du travail. Là systématiquement je démarre sur une idée simple, puis je trouve un plan d'ensemble. Ensuite je définis les lieux, l'époque, les personnages. Tout cela pour aboutir à un plan détaillé du premier chapitre. Et puis...et puis... tu commences à écrire, en sachant que tes premiers pas vont conditionner la suite et certainement, la modifier. Mais écrire, c'est une musique, ta musique. Et souvent elle n'est pas au rendez-vous. Alors, tu peines, tu laboures et tu recommences. Pour enfin la retrouver !
– Des projets ?
– J'ai un autre roman en préparation. Un polar, avec le même personnage principal, Simon Bielik, écrivain-journaliste et amateur de coups tordus ! Et aussi, une pièce de théâtre !

Claire Antoine

Publié dans : Interviews de Claire Antoine - Par Claire Antoine
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 17:43

Claire Antoine L'Interview de Claire Antoine 
En décembre dernier, j'ai eu le plaisir de poser quelques questions à Annie Mullenbach-Nigay, adhérente à l'APAC depuis de nombreuses années. Son talent ne nous est pas inconnu. Nous avons déjà pu nous régaler de certains de ses textes parus dans différents numéros de Plumes au vent.
Annie Mullenbach Web
A. M.-N. publie beaucoup, en solo, à 2 ou à 3 mains : un recueil de nouvelles et de poèmes illustrés d'œuvres d'Art textile de Francine Fortier : Des mots et des couleurs , "les Amis de Thalie". Un recueil de poèmes illustrés de photos : La Belle Province Voyage au Pays d'en face, Les Amis de Thalie. Un roman, " récit-mémoire " : Les opérettes d'Offenbach sont toujours à l'affiche. Un recueil de nouvelles : Tu me manques, Prix des Beffrois 2008, http://www.editionsnouvellesparoles.com Au-delà des dunes, un roman-en-nouvelles co-écrit avec D. Boillot et A. Emery, aux Editions Nouvelles paroles et Grand large, son dernier roman, aux éditions du "Banc d'Arguin". Elle participe aussi à de nombreux recueils collectifs dont on peut trouver les titres sur son blog : http://www.anniemullenbach-nigay.fr/

C.A. Votre blog est très agréable à parcourir. A la fois délicieux et stimulant.
A.M.-N. J'ai voulu ce blog comme point de rencontres avec des lecteurs et d'autres auteurs.

C.A. Qu'est -ce qui vous a incité à vous lancer dans cette expérience "internet" ? Livres et recueils vous paraissent-ils "lacunaires" ?
A.M.-N. J'ai ouvert ce site pour me faire connaître. Quand on n'a pas un grand éditeur il faut une" vitrine". Mais aussi, je le répète, pour partager des textes avec des amis, pour inviter d'autres auteurs et les faire connaître eux aussi. Le partage est pour moi primordial.

C.A. En effet, une de vos caractéristiques semble être votre capacité d'ouverture à d'autres écrivains et artistes. Le talent des autres vous stimule et dans tous les cas ne vous fait pas peur. Ce qui est rare et montre votre sérénité et votre force créatrice.
A.M.-N. J'aime les échanges et le partage. Je crois aux rencontres, surtout aux rencontres de hasard qui n'ont peut-être de hasard que le nom. Rencontre avec Bernard Appel qui m'a fait connaître l'APAC. Rencontre avec une amie d'enfance perdue de vue et retrouvée qui illustre mon recueil « Des mots et des couleurs ». Série de rencontres avec un compositeur puis un musicien et une chanteuse qui font l'illustration sonore du recueil de poèmes : « La Belle Province », sans compter un photographe... Et le roman en nouvelles, « Au-delà des dunes » co-écrit avec deux autres auteurs rencontrés "par hasard" à une remise de prix. J'ai en préparation pour 2011 un recueil avec une autre poète.

C.A. Les photos de "la joyeuse bande du Procope" sont à ce titre révélatrices.
A.M.-N. L'association "Récits de Vie" et sa revue qui favorise l'écriture autobiographique réunit ses membres de Paris et de la région parisienne une fois par trimestre au Procope, le plus ancien café parisien. De très bons moments d'échanges où je retrouve Gérard Ambroise, également adhérent à l'APAC. Là aussi une rencontre. Une rencontre-hasard !

C.A. Revenons à vos œuvres "papier". Vous écrivez des nouvelles, des romans ainsi que des poèmes... Pourriez-vous nous dire comment vous passez d'un genre à l'autre. Cela relève-t-il de l'évidence à certains moments ? Y a-t-il des "choses" que l'on ne peut exprimer qu'à travers un poème, par exemple ?
A.M.-N. Oui, le poème m'est toujours inspiré par un état d'urgence, soit par un sentiment, un évènement qui me tient à cœur, qui me "touche" et que j'ai envie de partager, soit encore par une "vision" de la nature : arbre en fleurs, neige, lumière... un instantané, quelque chose de fugace que je voudrais garder, que je pourrais peindre si j'étais douée pour ça ! Pour la nouvelle, c'est plutôt une ambiance qui m'inspire. Je m'immerge dans celle-ci sans savoir où elle me mènera. J'avance un peu à l'aveuglette, mais sans quitter la tonalité. Il n'y a pas urgence comme pour le poème. J'écris, je relis, je ré-écris... et tout finit par se mettre en place. En fait, la nouvelle s'écrit dans la durée et le poème beaucoup plus dans l'instant. Pour le roman la temporalité est encore différente. C'est œuvre de longue haleine et là il faut un plan !

C.A. Dans le dernier P.A.V., vous nous avez expliqué les conditions d'écriture d'Au-delà des dunes votre roman à trois voix. C'est un magnifique défi qui demande beaucoup de qualités d'accueil de la sensibilité de l'autre, beaucoup de confiance aussi.
A.M-N. Une expérience très enrichissante à tous les niveaux. Nos différences sont ici ferment d'unité.

C.A. Vous aimez les mots.
A.M.-N. Mon père était typographe, il m'a transmis le goût des mots jusque dans leur matérialité. Il aimait beaucoup lire et nous faisait la lecture le soir : Sans famille, Les misérables, Le petit chose... des classiques. Dans mon enfance j'étais souvent malade et on m'offrait des livres pour m'occuper. J'ai lu toute la Comtesse de Ségur. A cette époque, j'ai écrit une suite aux Malheurs de Sophie et j'ai continué à l'adolescence... avec des romans "à l'eau de rose" !

C.A. Cependant, pour vous ces mots ne suffisent pas toujours. Quand éprouvez-vous le besoin de les accompagner d'une illustration ou d'une photo ?
A.M.-N. Pour un carnet de voyage (La Belle Province) ou pour un recueil de poèmes mais seulement si le visuel est en adéquation avec l'écrit. ( Des mots et des couleurs)

C.A. Quels sont les grands principes sur lesquels vous fondez votre écriture ?
A.M.-N. J'essaie de trouver le mot juste, celui qui donnera du sens à la phrase. Je cherche à ne pas surcharger la phrase, à en enlever toutes les fioritures pour aller à l'essentiel. En prose, je privilégie les dialogues qui font avancer l'action, les monologues intérieurs qui renseignent sur les sentiments des personnages.

C.A. Par curiosité... écrivez-vous quotidiennement, régulièrement ?
A.M.-N. Quotidiennement, surtout si j'ai une nouvelle ou un roman en cours. Un ou deux jours sans écrire et je ressens comme un "manque". En voyage, j'ai un carnet pour noter ce que je vois, mes impressions.

C.A. Quels sont les auteurs qui hantent votre imaginaire ?
A.M.-N. Maupassant, Stefan Zweig, Jane Austen, Virginia Woolf, Dorothy Parker ( ma nouvelliste préférée) et Philippe Claudel. Et puis beaucoup d'autres mais plutôt des classiques. Pour la poésie je m'attache plus au poème qu'au poète.

C.A. Pouvez-vous, pour finir, nous confier une citation qui vous touche particulièrement ?
A.M.-N. "Il n'y a rien de plus difficile qu'une ligne." Pablo Picasso

Claire Antoine

Retrouver le blog de Claire Antoine : http://www.claireantoine.com

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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 16:08

...auteur, en particulier, de plusieurs romans parus chez Maël éditions.

“l'Œil de Shiva”, (Roman d'un voyage entre deux mondes); “Ôm”, (Roman d'un voyage au cœur de l'Himalaya) ; “Sur les pistes du Petit Tibet”, (Roman d'un voyage en terre tibétaine) ; et le dernier, “La sacrifiée de Yuan Shao”, (Roman d'un voyage en terre chinoise). Vous pouvez le retrouver sur son site personnel semellesdevent.net.
Ce site héberge aussi l'APAC. Paul Blanque 200

J'ai privilégié dans l'œuvre de Paul Blanqué le lien qui existe entre l'écriture et le voyage. Comment passe-t-on de la vie, de l'action à l'écriture ? C'est ce mystère de la fabrication d'une œuvre que je cherche à élucider.
Paul Blanqué, quand on aime, quand on est en recherche de quelque chose, malade ou pauvre, il faut partir ?
– Nombreuses sont les barrières, les limites psychologiques ou géographiques que l'on s'impose consciemment ou inconsciemment. Les préoccupations de la vie quotidienne, le côté financier, la famille, les amis, la santé...s'opposent à notre envie de partir et nous poussent dans nos retranchements. Mais dans notre for intérieur, une petite voix nous pousse à chaque instant, à franchir le pas de notre vie de citadin ordinaire.
Écrivain voyageur ou écrivain en voyage ?
– Tous mes ouvrages sont des romans dont le fil conducteur est un voyage. Ils sont inspirés par des choses qui troublent, bouleversent, désorientent ou orientent le voyageur. Dans mon dernier opus, par exemple, le phénomène déclencheur fut la mort d'un nouveau-né, une fille, abandonnée, dans la neige, en pleine rue. J'ai ressenti le besoin vital, viscéral, de purger ce que j'avais vu, par l'écriture. Il me fallait parler du comportement indifférent de la petite société qui empruntait le boulevard et qui vaquait à ses occupations...et aussi donner à ce bébé une biographie. Elle est devenue l'héroïne de mon roman “La sacrifiée de Yuan Shao”.
Alors, c'est en quelque sorte votre œil qui tient la plume ?
– Quelque part, oui. Je travaille tous les matins, entouré de mes personnages, de mes notes de voyage et surtout des photos souvenirs de mes plus belles rencontres avec des gens croisés sur les routes de Chine. Tirées sur papier et posées sur mon bureau, elles sont des fenêtres ouvertes sur un monde que j'ai laissé là-bas. Elles participent à entretenir un trait d'union entre trois univers : la Chine, l'écriture et moi-même. Par ailleurs, je mets au point actuellement les derniers détails de l'exposition-photo, intitulée "Ma Chine", qui a été présentée en avant-première au salon de Biarritz.
Pourquoi n'engagez-vous pas vos ouvrages à la première personne, puisque vous relatez votre vécu ?
– C'est paradoxal, mais je ne supporte pas le “Je”. Le lecteur recherche deux choses dans la littérature populaire : du romanesque et du vécu. Mais dans tous les cas une histoire qui le fera vibrer. Les romans de voyage tels que je les écris, ont la particularité de mêler les deux. Le romanesque, par le côté romancé de l'écriture de l'aventure vécue et le vécu, par l'authenticité des situations, des rencontres, du quotidien, des anecdotes, des senteurs...Ce qui fait un pays dans toute sa spécificité. Cependant, pour être clair, il est vrai qu'en ce qui me concerne, je préfère l'écriture à la première personne de Nicolas Bouvier à l'exotisme documenté et aux personnages merveilleusement construits de Fénimore Cooper, le Balzac américain...
Vous parlez de rêve ou de réalité ? d'écriture ou d'aventure ?
– Cela revient au même ! Le rêve est un voyage que notre esprit façonne, entretient, exploite à son corps défendant. Le voyage est également un rêve ou l'aboutissement de celui-ci. Ceci dit quand on voyage, ce sur quoi on ne peut pas faire l'impasse, ce sont les détails de la vie et du quotidien; alors, autant en rendre compte avec précision. On ne se nourrit pas de la même façon à Pékin et au centre de la Chine. Les coutumes sont différentes d'un pays à un autre. Les rencontres génèrent des cérémonials qu'il est important de respecter. Il faut peut-être dire aussi que j'ai forgé mon écriture en écrivant pour la presse où il faut relater scrupuleusement, mais aussi intéresser le lecteur, de donner de la résonance aux faits.
Quels sont vos auteurs favoris ? Votre livre de chevet ?
– Je n'ai pas d'auteurs favoris, mais des livres que j'apprécie vraiment ! “Soie” d'Alexandro Baricco, pour n'en citer qu'un...Côté musique, j'adore Mozart. Je déteste Wagner. Quoi de plus palpitant que "L'élixir d'amour", acte 2 de Gaetano Donizetti. Et Brassens, Brel, Ferré...
Avez-vous un livre en préparation ?
– Oui. Deux pour être exact. Dans le premier, l'action se situe en Chine… et pour le second, en France.
Pouvez-vous nous livrer certaines phrases qui hantent votre imagination et vous renforcent dans votre désir de partir et d'écrire.
« Qu'il soit bouddhiste, chrétien ou musulman, c'est d'après la réponse qu'apporte sa vie quotidienne que dépend son statut parmi nous.» ( Rinchen Lhamo )
« Le voyage a plus d'importance que le but.» (vieux proverbe tibétain )
« Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.» (Nicolas Bouvier - L'Usage du monde).

Claire Antoine.

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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 17:53

Interview de Claire Antoine

Une nouvelle rubrique "interview" pour vous permettre de mieux connaître celles et ceux de nos adhérents qui publient, que ce soit à compte d'auteur, d'éditeur ou en auto-édition. Colette N.  ( Colette Neyertz) a été la première à se prêter à l'exercice. Colette NEYERTZ

Vous écrivez depuis un certain temps déjà et certains de vos poèmes, car c'est ce genre que vous pratiquez, paraissent dans des revues. Cependant, à partir de  2004 vous ressentez le besoin de les rassembler sous la forme de  recueils.
– J'ai publié trois recueils aux EDITIONS NOUVELLE PLEIADE PARIS. (cf site letrave.over-blog.com/article-11531160.html -) Arabesques paraît en 2004, Petite Cantate en 2007 et Vagabonde  en 2009. Le deuxième est dédié à mes petites filles. J'ai un quatrième recueil en préparation... Je m'intéresse de plus en plus aux Haïkus.
Une expression poétique orientale.
– Je suis aussi sensible à la calligraphie. J'ai donné ce titre à un de mes poèmes et les illustrations des couvertures de mes deux premiers recueils sont du  peintre et calligraphe irakien Hassan Massoudy.
Quand le fond rejoint la forme.
– J'aime cette maîtrise de la ligne, cette discipline du trait qui évoque le chaos sans lui céder jamais. Je suis très attentive à l'agencement des mots sur la page, à ce  qui leur confère une vibration particulière.
Il est impossible de parler de poésie quelle qu'elle soit  sans évoquer ses règles, ses contraintes.
– Le travail rigoureux  du style est indispensable mais toujours guidé par l'authenticité de ce qui est éprouvé, la justesse de la pensée et de l'émotion. Il ne s'agit pas de se livrer à des acrobaties verbales, de rechercher le mot rare pour le mot rare (celui qu'un autre n'emploierait pas...) ou un chapelet de sonorités qu'on écouterait avec complaisance. Les grands poètes ont su employer des mots rares, jouer parfois avec les sonorités mais ils ont su aussi exprimer leur ressenti dans une langue pure et simple. Écoutez  Apollinaire : «Je passais au bord de la Seine/Un livre ancien sous le bras/Le fleuve est pareil à ma peine/Il s'écoule et ne tarit pas...» ("Marie" in Alcool, 1913.) Comment dire mieux que lui  la nostalgie de l'amour perdu ? Le travail poétique consiste aussi bien sûr à faire la chasse aux clichés, à l'à-peu-près, aux frou-frou de la pensée et de l’expression et surtout à la complaisance à soi. En ce qui me concerne, si l'on compare mes trois recueils, on peut constater que je délaisse la prose poétique, abondante dans "Arabesques" pour une écriture plus dépouillée, plus décantée, plus allusive. 
Jusqu'aux Haïkus dont vous nous parliez précédemment... Vous lisez beaucoup de poésie. Elle est pour vous source d'inspiration et de joie. Parlez-nous de vos références francophones.
– Il y en a tellement...  Apollinaire, bien sûr mais aussi Verlaine, Yves Bonnefoy... et une découverte récente, celle de la suissesse Anne Perrier, dont la poésie contemplative forte et limpide m'émeut profondément.(www.20mars.francophonie.org/10319-Hommage-a-la-poesie-Anne-Perrier-Suisse-Jacques-Dupin -)
Depuis deux décennies au moins on constate une forte présence des femmes en poésie. Quand la muse s'empare de la plume...Voyez-vous une différence entre une écriture qui serait "féminine" et une autre "masculine" ?
– De prime abord, on dirait que les femmes étant plus affectives, elles  chantent plus les sentiments. Pourtant les hommes ont merveilleusement chanté l'amour et ses tourments; et parfois, même si c'est infiniment plus rare, l'amour entre parents et enfants, comme Victor Hugo. « Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,/Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. »... Je dirais  plutôt, en fait,  que les hommes plus que les femmes abordent les grands genres comme l'épopée, ainsi que les grands mythes, les grands thèmes ( guerre, liberté...) Quelle femme intitulerait-elle  un de ses recueils La légende des siècles ? Les femmes sont plus à l'aise dans l'intime, le coeur du vivant et ses mystères. A partir souvent du concret, du particulier, de sensations visuelles, auditives, qui s'ouvrent – en ce qui me concerne tout au moins – de façon allusive sur quelque chose de beaucoup plus profond. Suggérer et non pas imposer. "Une rose si fraîche si fine ...glisse[e] doucement du côté de l'ombre" ( p 9 in Vagabonde )
Vital HEURTEBIZE, le Président de la Société des Poètes Français qui a préfacé chacun de vos trois recueils a écrit : «Colette N. est ce que j'appelle un poète vrai ». 
– Cette phrase me touche beaucoup. Mes textes sont des moments de vie avec tout ce que ça suggère comme questions qui débouchent sur l'universel : la beauté, la souffrance, la mort, les impasses, l'espérance...Ombres et lumière... J'aimerais laisser parler  René Char:  " La poésie, dit-il, est de toutes les eaux claires celle qui s'attarde le moins aux reflets de ses ponts."  Il ne s'agit pas d'une entreprise de séduction, mais de dire "vrai" et profond (et c'est ce qui trouvera  écho chez le lecteur) à propos d'une expérience intérieure qui s'exprimera de façon singulière, originale.
 « La seule signature, au bas de la vie blanche, c'est la poésie qui la dessine. Et toujours entre notre coeur éclaté et la cascade apparue.»
 Cette deuxième phrase de Char est superbe à mes yeux, si juste dans sa densité et les images choisies.

Claire Antoine.

Publié dans : Interviews de Claire Antoine - Par Claire Antoine
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