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Salon du livre 
Ça y est, cette fois, nous sommes dans la dernière ligne droite. J'ai enfin reçu les exemplaires tant attendus de mon dernier roman : j'étais à deux doigts de me retrouver sur le salon sans livre à proposer !
Mme Noel Nancy
Depuis fin 2009 dans le circuit des auteurs et des salons régionaux, le Livre sur la Place est pour moi un accomplissement. J'angoisse car c'est LE salon de la région, au sein duquel, grâce à l'APAC, j'ai pu me faire une petite place. Et je l'avoue, j'en suis assez fier.
Ai-je assez de livres ? Oui ? Non, je crois même que j'en ai trop.
Comment une petite plume inconnue peut-elle vendre le moindre ouvrage, perdue au milieu d'une foule de célébrités ?
Et mes marque-pages, j'avais dit que j'en imprimerais d'autres, vais-je en manquer ?
De toute façon, il est trop tard.
23H50, il est tant d'aller se coucher.
Vendredi 17 septembre
Les roulettes de ma valise résonnent sur les pavés, sous le regard bienveillant de Stanislas. Son index, pointé avec assurance vers la porte Héré, me montre le chemin.
Lorsque apparaît le grand chapiteau, je sens le flux s'accélérer dans mes Nancy 2010-2veines. Je ne peux plus faire demi-tour. Je dois prendre ma place, ma place dans le flot des auteurs.
Il ne me faut pas plus de cinq minutes pour m'installer dans l'espace, quelque peu exigu, qui m'est réservé.
L'après-midi s'écoule, rapidement, au rythme des passants.
Certains s'arrêtent, lisent la quatrième de couverture et repartent sans un mot.
D'autres me demandent davantage d'explications et emportent pour bagage, un exemplaire dédicacé.
La journée s'achève, il faut déjà remballer.
Samedi 18 septembre
Les portes du salon sont à peine ouvertes, qu'un flot important se presse vers les chapiteaux. La fraîcheur matinale n'a pas refroidi les visiteurs : la journée risque d'être lucrative.
Les gens défilent à un rythme effréné, mais sans s'arrêter. Alors, pour passer le temps, j'observe.
J'observe les visages du public circulant devant moi. Des femmes, d'un certain âge et bien apprêtées, le composent en majorité.Nancy 2010 Simone
J'observe également les techniques commerciales de mes voisins.
À gauche, l'accroche se fait sur les enfants en leur demandant leur âge et, en les invitant, à feuilleter le livre adapté à leur niveau scolaire : cela fait mouche presque à chaque fois.
À droite, c'est plus verbal et théâtral. Le livre est tendu dans les mains du passant (le plus souvent de la gente féminine), et le numéro de charme opère.
Et au milieu, il y a moi, laissant faire les choses.
Il est clair que la seule aura de mes livres n'est pas suffisante pour malmener les articulations de mon poignet droit.
Dimanche 19 septembre
Dernier jour, la fatigue commence à se faire sentir, surtout au niveau de mes cervicales.
Je profite des premiers instants de la matinée pour m'en remettre aux doigts magiques de Simone. En moins de dix minutes, elle réussit à faire disparaître mes courbatures, sous une douce chaleur apaisante.
Les heures passent, entrecoupées de signatures, de regards et d'échanges avec mes voisines. Dans l'après-midi, peut-être en raison du soleil lorrain qui chauffe généreusement la tente, un fou-rire nous tombe dessus. Les deux auteurs concernés et moi-même, n'arrivons pas à nous en défaire. Cette euphorie contagieuse aura au moins eu le mérite de parfaire ma géographie, en faisant connaissance avec Tucquegnieux, célèbre village du nord lorrain.
La voix nasillarde résonne dans le haut-parleur " le salon ferme ses portes dans trente minutes ". Tout s'accélère. Les gens se pressent dans les allées. Il faut coûte que coûte récolter une dernière signature.
Mon stylo s'échauffe dans une frénésie enivrante.
Puis, un silence.
Les portes se referment, laissant derrière elles, le tourbillon du livre sur la place.
Fabrice Goeury.

http://fabricegoeury.blogspot.com/

Tag(s) : #Salons du livre

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