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Nous étions une soixantaine de lecteurs, le vendredi 8 octobre, à attendre impatiemment la venue de Philippe CLAUDEL, à la Librairie HISLER EVEN de METZ. Il y était invité par l'APAC,
exceptionnellement partenaire de la librairie à cette occasion, pour une rencontre - dédicaces, à propos de son dernier ouvrage : " L'enquête "
Après une longue attente, il est enfin arrivé, toujours aussi simple et décontracté. Tout d'abord, la présentatrice, Sandrine VAGLIO, nous a brossé le portrait de
l'écrivain et surtout de ses parcours littéraires et cinématographiques très éclectiques auxquels s'ajoute son métier d'enseignant.
Son dernier roman, "L'enquête", publié chez Stock, en a déconcerté plus d'un(e) si l'on en juge par certaines questions posées à l'auteur : l'histoire nous plonge au cœur d'une entreprise
gigantesque et anonyme où certains employés se sont suicidés pour des raisons inconnues et obscures. Nous voici dans un monde à la limite du fantastique…mais quel monde ?! Le nôtre !!!...Réalité
ou fiction ?
Après un début banal et réaliste que l'auteur a voulu, tout se détraque petit à petit…sans même qu'il l'ait décidé Le roman devient alors presque fantastique, ce qui n'est pas nouveau chez
Philippe Claudel. Il nous dira même : " Ce roman n'arrive de nulle part et ne va nulle part. " Il est à l'image de notre société qui se déshumanise.
Le livre est à la fois drôle et terrible avec ce petit personnage principal si banal, l'Enquêteur. Personnage à la Tati, à la Charlot, à la Buster Keaton qui traverse des situations comiques et
absurdes jusqu'à l'angoisse, autour et dans cette entreprise dont les dirigeants eux-mêmes avouent leur manque de connaissance (même le responsable n'est pas responsable ; on se demande qui fait
quoi…) et dont les usagers sont réduits à l'impuissance. Il n'y a finalement plus aucune logique et chacun se retrouve isolé, sans défense, dans sa souffrance individuelle.
Voilà bien un écrivain qui sait aborder des questions graves et écrire avec ses blessures et ses propres angoisses face à notre société. Il nous fait découvrir ainsi des domaines et des chemins
où nous ne nous serions sans doute jamais risqués. Beaucoup de profondeur dans son écriture qui, bien que proche ici de la farce, ne cesse de nous interroger sur le monde où nous vivons.
Plusieurs autres questions ont été posées à Philippe CLAUDEL, particulièrement sur son aptitude étonnante à gérer ses diverses et multiples activités créatrices et sur sa façon d'aborder sa
profession d'enseignant qu'il a absolument souhaité conserver. Il a répondu avec précision, franchise, profondeur et toujours avec beaucoup de modestie.
Un vrai bon moment passé autour d'un livre à découvrir même s'il peut déranger. Les nombreux acheteurs de l'ouvrage, qui ont fait ensuite longuement la queue pour le faire dédicacer, sont bien la
preuve que ce roman ne peut laisser indifférent.
Maïté Petit .
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